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Jorge Amado : littérature et politique
Par Ivanilde Diniz Gaudé

"Je n’ai pas écrit mon premier livre en pensant que j’allais être célèbre, mais par un besoin d’exprimer ce que je ressentais." Jorge Amado.

Jorge Amado de Faria est né dans le Nordeste du Brésil le 10 août 1912 à Itabuna situé dans l’état de Bahia. Fils d’agriculteurs, il a beaucoup déménagé durant son enfance. Les conditions de vie ne permettant plus à la famille Amado de rester dans leur ferme d’Auricídia, à cause d’une épidémie, ils ont dû trouver habitation dans une ferme à Ilhéus puis à Itajuípe.
Revenu à Ilhéus pour le lycée, c’est à cette époque que Jorge Amado commence à s’intéresser à la littérature. Cet intérêt se traduit par l’écriture d’articles, dans un premier temps pour des petits journaux d’école, comme « A Pátria » ou « A Folha ».
Très vite il se fait remarquer et commence à écrire pour « O Imparcial » le célébre journal de la ville de São Luis capitale de l’état du Maranhão situé dans le Nordeste du Brésil.

Un avenir littéraire évident

Voilà que Jorge Amado a un pied dans le monde du journalisme. Il doit se démarquer et revendiquer ses opinions. En 1928, c’est avec un groupe d’amis (Pinheiro Viegas, Alves Ribeiro, Joao Cordeiro…) qu’il a créé l’« Academia dos rebeldes » (l’académie des rebelles). Leur leitmotiv se résume en une phrase « L’art moderne, sans être moderniste » (“uma arte moderna, sem ser modernista”). A travers ce groupe, la personnalité et les idées politiques de Jorge Amado se dessinent.
Parti en 1930 à Rio de Janeiro pour suivre des études de droit - qu’il réussit avec brio - il commence à côtoyer des grands noms de la littérature brésilienne tel que Vinicius de Moraes. Ainsi son entourage, son travail et sa persévérance lui ont permis de publier son premier roman en 1931 , « O país do carnaval » (le pays du carnaval). Un premier grand succès.
Sa plume va lui valoir ses plus grands succès mais aussi ses plus grandes déconvenues.

L’écriture et la politique : la controverse

Il n’a pas fallu beaucoup de temps à Jorge Amado pour revendiquer ses convictions politiques, très jeune il est entré au parti communiste du Brésil (PCB).
Sa réelle implication politique pour le parti communiste va être encouragée par son entourage. En effet dans les années 1930, les amis de Jorge Amado se prénomment Raul Bopp, Amando Fontes, Rachel de Queiroz et Gilberto Freyre. Ces derniers vont vivement participer à ce que Jorge Amado devienne un fervent militant communiste.
Ses idées et ses revendications sont sources d’inspirations dans l’écriture de ses livres, mais le revers de la médaille est qu’elles l’ont envoyé en prison en 1936. Il a été accusé d’avoir participé en novembre 1935 au soulèvement (« Intentona Comunista « ) contre le pourvoir en place.
En 1941, après son passage en prison, Jorge Amado, s’ouvre au monde malgré lui. Les militants communistes doivent fuir le Brésil de 1941 et 1942, de ce fait l’écrivain commence à voyager d’une part en Amérique latine (Argentine et Uruguay) puis aux Etats Unis. Ces voyages ne cessent de l’inspirer et il sort son deuxième roman « Capitães da areia ».
De retour au Brésil, sa reconnaissance au sein du PCB est à son paroxysme, il est élu membre de l’Assemblée Nationale Constituante, par le Parti Communiste Brésilien. Mais malheureusement, cette mise en avant sur la scène politique est de courte durée : 1947 le PCB est déclaré illégale. Jorge Amado se voit contraint de s’exiler en France jusqu’en 1950.

« Cela m’a coûté beaucoup d’efforts ; c’était une tâche difficile et ennuyeuse ; J’ai fait de mon mieux » Jorge Amado.
Fatigué de son combat politique ? Besoin de se recentrer sur son véritable amour, l’écriture ? Des questions qui se soulèvent à son retour au Brésil en 1955. Jorge Amado va mettre de côté la politique - il ne renie cependant pas ses convictions communiste – pour se consacrer entièrement à l’écriture.

une reconnaissance incontestable

Le voilà complétement plongé dans l’écriture et la littérature. Ce recentrage vers sa première passion lui vaut cette fois-ci une reconnaissance dans des grandes institutions littéraires Brésilienne.
En effet, en 1961 Jorge Amado reçoit une place dans la prestigieuse Académie de Lettres Brésilienne. En 1985, c’est à l’Académie de lettre de Bahia qu’il reçoit une place et la même année le gouvernement brésilien lui remet le titre honorifique de « grand maître de l’ordre de Rio Branco ».
Il est difficile de faire une liste exhaustive des titres littéraires que Jorge Amado a reçus, car ils se mesurent à l’échelle mondiale. De la France, à l’Espagne en passant par l’Israël et l’Argentine, Jorge Amado a marqué le monde de la littérature par ses revendications, la fierté de ses origines et son style. Ces trois caractéristiques se retrouvent dans chacun de ses romans comme : Le pays du carnaval, Bahia de tous les saints, Terre violente, L’invitation à Bahia, Les souterrains de la liberté, Gabriela, Le vieux marin, L’enfant du cacao, La balle et le footballeur, Les terres du bout du monde, La découverte de l’Amérique par les Turcs…
Le grand écrivain brésilien s’est éteint le 6 août 2001 à l’âge de 88 ans.

Découvrez la fondation Jorge Amado.